mardi 5 août 2014

Interview de Gilles Milo-Vacéri

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Fatima : Bonjour Gilles, merci d'avoir accepté de répondre à nos questions.*


1/ Racontez-nous un peu qui vous êtes. 

Eh bien, je vais vous donner la recette... Prenez un pot, un vieux, mais pas trop quand même, dans les cinquante années d’existence depuis sa fabrication, de préférence avec une armature en acier, des parois en fonte et quelques-unes en guimauve pour équilibrer le tout (tout le paradoxe est là et ça va être difficile à dénicher, hein ?!).

Versez la matière première, la Liberté, ajoutez la seconde, la Tolérance, à profusion et sans compter. Avec cette base, mettez la pincée de sel pour l’acidité et quelques poignées de sucre pour attendrir le tout. Ensuite, dosez savamment les voyages, les aventures, le danger, le goût d’apprendre, une certaine philosophie de vie (très rare chez l’épicier du coin !) et râpez soigneusement des événements de vie un peu différents, les plus rares étant les meilleurs.

Ensuite, ajoutez certaines qualités et beaucoup de défauts ! Si le sale caractère est difficile à peser, pour l’entêtement, pressez soigneusement un régiment de mules tout entier. N’hésitez pas à répéter cette dernière opération, le résultat sera encore très loin de la vérité ! Zut ! j’oubliais la poignée de respect pour autrui, la louche de bougeotte, versez un verre de folie... Non ! versez toute la bouteille de folie et terminez par un zeste de gentillesse (pas trop, sinon, tout le monde va le savoir !).

Faites mijoter à grand feu, ne vous affolez pas, ça ne s’attache pas et jetez dans le mélange bouillonnant les dernières poignées d’ingrédients... Anti-homophobes, anti-xénophobes, anti-cons, etc. (je vous enverrai à part la liste des anti qui prend deux pages...). Terminez par deux énormes louches à parts égales de malheurs et de bonheurs. Là, ça va déborder, c’est normal... jetez à cet instant une pincée de romantisme. On termine la recette avec l’élément primordial, celui qui va lier l’ensemble du plat et rendre la recette acceptable ! Saupoudrez un gros nuage de rêve, un second puis encore un autre... La limite sera celle que vous déciderez. Normalement, il ne devrait rester qu’un brouillard très étrange ayant tous les traits d’une énigme impénétrable ! 

Servez chaud ou froid, c’est sans importance, ça se déguste tel quel ou... ça se laisse ! La recette est particulièrement indigeste pour les nombrilistes, les cons, les racistes, les donneurs de leçons, les égoïstes... (Gros éclats de rire).

2/ J'ai lu par ci par là que vous aviez eu un parcours bien rempli. Pourquoi avoir déposé vos valises pour écrire?
Sans plaisanter, oui, j’ai eu un parcours de vie que j’ai choisi avec tous les points positifs et négatifs qui en ont naturellement découlé. Très tôt, je voulais une vie différente, ne pas être un simple spectateur qui regardait le train passer. Je voulais de l’action, des voyages lointains, vivre différemment pour pouvoir apprécier la vraie vie. C’est-à-dire, connaître le monde, aller à la rencontre des gens, voir des horizons différents, sentir l’adrénaline couler dans mes veines, et puis apprendre, toujours apprendre en découvrant d’autres cultures... Eh bien sûr, quand on choisit ce modus vivendi, il faut aussi accepter d’en payer le prix et les nombreuses contreparties. On ne sort jamais tout à fait indemne à vouloir vivre autrement.

Je n’ai donc pas posé les valises, elles se sont posées toutes seules et j’ai négocié un virage très difficile dans ma vie privée après un naufrage douloureux, il y a quelques années. C’est à ce moment que j’ai choisi une autre orientation et je me suis lancé dans l’écriture.

Dans la recette en préambule, j’ai omis d’ajouter l’un de mes ingrédients principaux. Si je tombe mille fois, je me relèverai d’autant.

3/ Pourquoi ce mélange des genres entre l'érotique, le thriller, l'historique, vos lecteurs ne sont sûrement pas les mêmes ?
J’ai cette chance de pouvoir écrire dans différents registres littéraires grâce à une plume protéiforme qui ne sèche jamais (rires !). Je suis passionné d’histoire, c’est vrai, et c’est un peu mon fil rouge dans mes différents récits. Cela dit, j’apprécie autant un thriller avec un tueur sadique, qu’une belle romance avec des scènes de sexe vraiment torrides ou encore un polar qui portera une intrigue jusqu’au dernier chapitre.

Je ne souhaitais pas m’enfermer dans un genre et aujourd’hui, en travaillant avec plusieurs éditeurs en qui j’ai confiance, je peux laisser libre cours à mon imagination, sachant dès le début à qui je vais confier tel ou tel projet. Et paradoxalement, de nombreux lecteurs me suivent dans tous ces genres. J’en suis ravi !

4/ Question indiscrète : qui vous inspire pour vos nouvelles érotiques?
Mais... La Femme ! Avec un F majuscule, s’il vous plaît. Ou plutôt les femmes pour la majeure partie de mes textes, bien entendu, ainsi que les hommes pour d’autres. Désolé de vous décevoir, mais je ne vous dirai pas si ma vie privée ressemble de loin ou de près à ce que j’écris et encore moins si quelques personnes ont pu m’inspirer telle nouvelle ou tel personnage...

Quoi qu’il en soit, il y a toujours une part de vérité dans un récit, y compris dans l’érotisme. De cela, je ne parle jamais et j’entretiens le mystère ! Mais si mes textes érotiques étaient inspirés par ma vie privée, alors que diriez-vous de mes thrillers et de mes tueurs en série ?! Aïe ! Là, ça risque d’en faire fuir beaucoup... (éclats de rire).

Plus sérieusement, j’ai cette chance de pouvoir écrire des récits érotiques avec des personnages féminins qui réagissent comme des femmes et j’inverse souvent les rôles. Les hommes ne sont pas toujours des dominants dans mes nouvelles, loin s’en faut ! Je fuis la vulgarité, le pornographique et cela ne m’empêche absolument pas de parler échangisme, bisexualité, homosexualité, d’évoquer des fantasmes souvent inconnus du public, de créer toutes les situations, même les plus improbables sans tomber dans l’absurde. De plus, je veille à intégrer les scènes de sexe dans des scénarios qui tiennent la route, souvent dans un passé historique, ce qui leur donne un charme supplémentaire. Souvent brûlant, parfois évocateur, toujours émoustillant, telle pourrait être ma définition de l’érotisme que j’écris et l’inspiration restera l’arbre à mystères dont les racines sont et doivent rester secrètes.


5/ Lorsque vous écrivez un livre, pensez vous déjà au suivant ou une chose à la fois?
Ah c’est terrible ! Tous les jours, je me lève avec un nouveau projet en tête et à force, je dois faire le tri, ne garder que celles qui m’inspirent le plus et écarter le reste.

Quand j’écris, je suis concentré sur ce que je fais. Par contre, avant la phase d’écriture et après, principalement la nuit, j’ai le cerveau en ébullition et les projets surviennent sans crier gare. Pendant la phase écriture, je deviens, je me glisse dans la peau de mes personnages et je ne pense plus qu’à eux. Même le monde extérieur ne m’atteint plus ! C’est vous dire...

Pour être sincère, il y a le livre en chantier et tout autour, gravitent en même temps plusieurs projets, y compris des corrections en cours, que je dois mener à bien ou que je planifie pour plus tard. J’ai cette chance de pouvoir compartimenter mon esprit et j’ai mis au point une organisation indispensable à mon métier d’auteur.

C’est donc une réponse en demi-teinte que je vous fais, car c’est un peu des deux...

6/ Parlez-nous un peu de votre prochain roman, Yem, qui paraîtra en septembre 2014. Comment vous est venue l'idée de cette histoire?
Yem est un roman auquel je tiens tout particulièrement. C’est en fait un épisode de ma vie que j’ai transformé en roman. L’idée m’est donc venue tout simplement grâce à une expérience lointaine, quand j’étais jeune et beau (Rires !) et il y a de ça presque trente ans (Le premier qui rit, je tire à vue !). Après toutes ces années, je me sentais libéré du poids du secret, comme une forme de prescription qui m’autorisait enfin à rédiger ce roman très personnel sur une belle histoire.

Je ne vous dirai pas, encore une fois, quelle est la part de vrai et de faux, car j’ai modifié pas mal de détails, de noms ou de lieux, afin de respecter la vie privée des uns et des autres. Je resterai le seul à savoir l’exacte vérité ainsi que Yem, bien sûr, si toutefois elle le lit un jour... où qu’elle puisse se trouver aujourd’hui. Car Yem a bel et bien existé.

Vous l’avez compris, ce roman me tient à cœur, même s’il retrace un moment qui se perd dans mon passé le plus lointain. Je pense que le trailer de ce roman vous donnera envie...




7/ Avec des thèmes forts comme celui-là ou même Les larmes de Satan, qu'avez-vous ressenti après le mot FIN?
C’est terrible ! Quand j’achève un roman, c’est un véritable coup de blues qui me submerge. Cela fait d’ailleurs sourire ma compagne qui me connaît bien. Je peux même dire que je ressens un vague à l’âme comme lorsque l’on quitte un bon ami en sachant qu’on ne le reverra pas de sitôt. Pour le comprendre, c’est simple, je me mets dans la peau de mes personnages et je vibre avec eux, je ressens leurs colères, leurs émotions et ce, pendant des jours et des nuits... Alors, après deux ou trois semaines de vie commune et très intime, quand je pose le point final, eh bien, cela ne me fait pas du bien !

Pour mieux comprendre ce désarroi qui me touche en fin de récit, il faut remonter à la source, tout au début de son écriture. Je passe beaucoup de temps en recherches d’informations avant d’écrire et de même, je crée mes personnages avec la même rigueur, au travers de fiches sur un tableau Excel.

Chacun devient un ami, si j’ose dire, avec bien souvent un transfert nécessaire pour des comportements humains plus crédibles. Une fiche personnage c’est beaucoup d’informations tels le signalement physique, la chronologie, mais aussi le mental, l’esprit, les biens matériels, etc. Dans ma tête, ils deviennent des êtres vivants à part entière et je peux dire que je connais tout de leur vie, y compris la plus intime, la plus secrète.

Alors, quand un ami s’en va très loin, comment le prenez-vous ? Moi, je suis vraiment triste d’écrire le mot fin.


8/ Vous avez sûrement déjà des nouveaux projets en cours, pouvez-vous nous en donner un petit aperçu?
Eh bien, ma rentrée de septembre sera très sympa et bien remplie avec déjà trois romans programmés.

Yem, le doc./fiction dont nous avons parlé, sera publié chez VFB Éditions, ensuite Africamorphose, un roman d’aventures et une belle aventure humaine, chez Le Gaulois nomade et enfin, une belle surprise, Que son règne vienne, un thriller très, très angoissant, chez Harlequin - HQN ! 

Deux ou trois nouvelles érotiques sont programmées d'ici à la fin de l’année et je pense qu’elles devraient plaire, du moins je l’espère !

J’ai pratiquement fini mes futures publications pour l’année prochaine avec une autre saga érotique, quelques romans et d’autres surprises sur lesquelles je ne peux rien dire, vous vous en doutez. Actuellement, je lance un grand chantier qui sera très chronophage, un véritable défi que je me lance et sur lequel, je me montrerai encore une fois très discret !

Comme vous pouvez le constater, je travaille d’arrache-pied ! Mais on n’a rien sans rien et l’écriture impose bon nombre de sacrifices auxquels je souscris et que j’assume totalement.

9/ Un petit mot pour nos lectrices (et lecteurs) ?
Un petit mot sur votre blog, pour commencer, ce qui concerne donc vos lecteurs et lectrices au premier chef.

J’ai entamé une politique très simple avec les blogs littéraires et j’ai pris le temps de recenser toutes les chroniques qui avaient été faites sur mes livres. Le travail a été fastidieux et j’ai bien entendu trouvé le moyen d’en oublier. Bref, à ce jour, j’ai une rubrique sur mon blog officiel où sont répertoriés tous les retours des lectures ainsi que les blogs qui les ont signés. Je souhaitais témoigner ma gratitude à celles et ceux qui ont eu la gentillesse de me lire et la générosité de me chroniquer en prenant de leur temps. Car pour un auteur, être lu et commenté, c’est très important.

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Bien entendu, ne figurent que les chroniques bonnes ou moins bonnes mais toujours constructives et votre blog est bien présent.

Les Reines de la Nuit est un site que j’affectionne pour le ton de l’humour, le sérieux des chroniques et l’impartialité qui règne ici, sans oublier le baromètre des notes qui m’a beaucoup plu ! (Ah ! La culotte en lave, je ne l’oublierai pas celle-ci !). Je ne vous connais pas toutes, mais c’est une belle rencontre, même si elle ne reste que virtuelle.

Alors, à vos lecteurs, j’aimerais simplement dire qu’ils ont raison de vous suivre et si cette interview a suscité leur curiosité, qu’ils n’hésitent pas à venir découvrir mon blog et ce que j’ai déjà publié. Ils trouveront certainement quelque chose à leur goûts !

Enfin, je réponds toujours aux messages de mes lecteurs car sans eux, je n’existerai pas. C’est aussi un point important à mes yeux. Rester accessible pour débattre de tout avec ceux qui me lisent.

Merci à vous pour ce moment très sympathique, des bises amicales à vos lectrices et toutes mes amitiés à vos lecteurs. À très vite !


* Questions posées le 29/07/2014

Merci infiniment, Gilles, pour votre disponibilité et votre gentillesse et à très bientôt.



  
            

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