mardi 12 août 2014

Le Roman de la Belle et la Bête de Bernard Simonay

BS Editions, 223 pages, eBook à 3.91€

« On dit qu’autrefois, dans le royaume de Nériopolis, vivait une fille si belle que les dieux eux-mêmes se penchaient pour la contempler. On prétend que la déesse de l’amour, Cythérée, avait présidé à sa naissance. Son nom était Aurore, fille de Hérios d’Alcimène. Mais, à Nériopolis, on l’appelait simplement : la Belle. »
 Dans un monde hors du temps, inspiré de l’Antiquité grecque, la belle Aurore épouse, par dépit et sans l’avoir jamais vu, le prince Philippe, seigneur de l’île mystérieuse de Nychorante, sur lequel courent des rumeurs inquiétantes. Elle rencontre un être délicat et raffiné, auquel elle s’attache très vite, malgré le pacte surprenant qu’il lui impose : ne jamais tenter de voir son visage. Cependant, poussée par la perfide Férona, créature du dieu des Ténèbres, Aurore découvre qu’une terrible malédiction frappe son mari, qui ne peut affronter la lumière sans se transformer en un monstre effrayant. D’abord tentée de fuir, elle comprend peu à peu que l’amour véritable ne se fonde pas sur les apparences. Mais des forces machiavéliques s’acharnent contre le couple. Pour les vaincre, Aurore devra accepter d’aller jusqu’au bout de son amour...


 Lu en deux jours seulement, ce roman nous offre une nouvelle version du conte de fées La Belle et la Belle, (mon conte de fées préféré ^^). Je voulais lire cette réécriture (enfin disponible en ebook) depuis longtemps car tous les avis que j'avais lu étaient plus qu'élogieux et me donnaient l'eau à la bouche.

 Bernard Simoney (que je n'avais jamais lu) nous invite ici dans un univers auquel on ne s'attend pas forcement dans une réécriture de conte. Un univers où les humains cohabitent avec les dieux et créatures des mythes de l'antiquité : dieux, déesses, néréides, etc. J'ai beaucoup aimé cet aspect de l'histoire, étant férue de contes et de mythologie grecque, ce mélange ne pouvait que me plaire !

Ce conte revisité par Bernard Simonay pourrait être, coupé en deux parties :  avant (partie 1) et après (partie 2) la révélation de la nature "maudite" du prince Philippe. Pour faire court, dans la première partie, Belle est fiancé à son cousin Phoïbos, prince et futur héritier d'un pays dont je n'ai pas retenu le nom, son père est un riche marchant au coeur noble, ses soeurs deux sottes superficielles, son frère aîné est un joueur invétéré, et Parîs, un séducteur de femmes. Un portrait de famille caricaturé et toute à fait délicieux! En contre partie, Aurore, notre Belle nous apparaît lisse et fade tellement elle est silencieuse et passive. C'est une jeune femme qui nous est dépeint comme magnifique, douce, généreuse, altruiste... tout le monde aiment et admirent la Belle. Dans cette première partie, vous aurez bien compris que Belle m'aurait un peu déçu...Mouais...bon voila quoi. Et puis, et puis... le sort s'acharne sur sa famille et Aurore consent à épouser le prince mystérieux de Nichorante qu'elle n'a jamais rencontré. Une fois sur l'île maudite de Nichorante, Aurore est accueillie par  l'intendant du chateau et Féronna, la gouvernante. Après trois jours, elle rencontre enfin son mari, en pleine nuit. Celui-ci lui fait promettre de ne jamais tenter de le voir à la lumière du jour où elle le perdra à jamais. Les deux époux apprennent à se connaitre, s'aiment dans les ténèbres...jusqu'à ce Belle pris de doutes sur la nature de son mari, revient sur sa parole et découvre son visage à la lueur du jour. Et la tout commence vraiment...

Dans la seconde partie, et après avoir goutté à une héroine "trop bonne, trop c**" (parce que oui, elle a été très énervante dans sa naiveté toute féminine.), Aurore se révèle enfin! 
Malheureusement, je n'ai pas réussi à toujours cerner le personnage (et m'identifier à elle), mais la Belle, dans cette seconde partie, s'éveille, se révolte, se bat pour l'amour de son Prince. Ce qui m'a plutôt agréablement...surpris ! Quelle évolution soudaine !!

J'ai eu a coeur de vous parler d'Aurore, la Belle, mais pour ne rien gâcher à cette histoire, je vous laisse le soin de découvrir le Prince Philippe, notre Bête... et sa malédiction ;-) La Créature, comme l'auteur la nomme, est très attachante mais on passe plus de temps avec Aurore dans cette histoire et j'aurais voulu avoir plus de Philippe : connaitre son point de vue, ses émotions, ses pensées...car c'est mon impression, mais tout ce qui le concerne est relayé le plus souvent par une tiers personne, et surtout son intendant. Ca nous le rend trop inaccessible à mon goût. Dommage. 

La présence du sexe (scènes non explicites) entre nos deux amants qui s'apprivoisent ,- comme ils disent (lol), apporte une touche plus adulte à cette réécriture (Attention :  selon moi ce n'est pas adapté à la jeunesse). La sexualité n'est pas tabou et  il y a même une évocation de l'homosexualité à travers un personnage féminin secondaire. 

A chaque conte, sa morale. Dans ce roman, la morale est très joliment mis en mots à travers un dernier échange entre nos deux héros à la fin. Et oui, l'amour est plus fort que tout...*c'est mon côté fleur bleue* :D

Avec des bons et quelques mauvais points,  ce Roman de la Belle et la Bête  amène son lot de nouveaux éléments pour nous faire apprécier encore une fois l'histoire de ce conte de fées...et la magie opère toujours ! 


3,5/5