vendredi 10 octobre 2014

Tempête sur Nogales de Thierry Berlanda

éditions La Bourdonnaye disponible en version numérique ici et  en format papier ici



Sur la route de Tombstone à Nogales, à la frontière entre l’Arizona et le Mexique, sous un soleil de fonte, une tempête se prépare. Tempête de sable, de vent, de souvenirs. Avec dans la ligne de mire le snack de Jess, planté au mile 88, en plein désert. Et tous, sans exception, aussi bien Dennewich – l’odieux patron du cabaret à filles –, que les chauffeurs de la compagnie de trucks locale et que la population entière s’agitent de plus en plus à mesure qu’approche avec la tempête une Pontiac noire, tel un funeste présage. Pour quelle raison ce mystérieux attelage terrorise-t-il Jess, ange blond à la voix de chanteuse Black et au passé enfoui ? Le gosse – un pauvre type éperdument amoureux d’elle – et son vieux pote Holly, seront-ils de taille à la protéger ? À moins que la belle ne préfère l’aide de Cooper, un nouveau chauffeur qui ne la laisse pas indifférente.
Les âmes égarées ont-elles droit à une seconde chance, ou dans cette arène aux allures de tombeau ouvert, la poussière doit-elle nécessairement retourner à la poussière ? 


J'avoue que je ne sais pas très bien comment aborder la chronique de ce roman, autant je l'ai aimé et détesté en même temps.
Nous nous trouvons plongés ici dans la misère humaine, surtout avec le gosse, un ivrogne notoire et, malheureusement, irrécupérable. Mais on ne peut s'empêcher de s'attacher à lui, tant il est vulnérable et touchant dans son amour platonique pour Jess, une jolie jeune femme à la voix profonde et au passé mystérieux.
Et n'oublions pas Holly qui est en quelque sorte un père de substitution aussi bien pour le gosse que pour Jess.
Tout aurait pu continuer comme cela: le gosse veillant sur Jess, l'aimant et fantasmant en secret et lui servant de confident, Holly, veillant sur tous les deux et Jess belle et souriante si LA Pontiac n'avait pas fait son apparition.Et dès ce moment, tout va basculer.
L'écriture de l'auteur est totalement différente de son roman 'L'insigne du boiteux' mais son style colle admirablement avec le récit. Nous vivons vraiment les ressentis et les sentiments des personnages. J'ai sombré avec le gosse, j'ai été en manque comme lui, je me suis languie d'amour pour Jess, j'ai pleuré et maudit ma faiblesse vis-à-vis de l'alcool et je me suis détestée de ne pas pouvoir venir en aide à Jess et Holly.
C'est un roman qui vous prend aux tripes mais qui vous laisse, à la fin, un sentiment de malaise (c'est ce que j'ai détesté) parce que bien que sensible à la détresse de notre trio, je n'ai pas pu m'empêcher de trouver injuste le  sort der Cooper mais je n'en dit pas plus, je ne voudrais pas en dévoiler trop.
Un bon livre à découvrir, et même si vous vous sentez un peu mitigées au début de la lecture, accrochez-vous, cela en vaut la peine.