vendredi 27 février 2015

Alors voilà Les 1001 vies des urgences de Baptiste Beaulieu

éditions Le Livre de Poche, broché, 312 pages, 11 février 2015, disponible ici



Des Urgences au rez-de-chaussée aux soins palliatifs du cinquième étage, voilà la vie d’un jeune interne, qui déteste commencer sa journée par une tentative de suicide. Une patiente en stade terminal s’impatiente : son fils est bloqué à Reykjavik à cause d’un volcan en éruption. Pour lui laisser le temps d’arriver, l’apprenti médecin se fait conteur. Se nourrissant de situations bien réelles, Baptiste Beaulieu passe l'hôpital au scanner. Il peint avec légèreté et humour les chefs autoritaires, les infirmières au grand cœur, les internes gaffeurs, les consultations qui s'enchaînent, les incroyables rencontres avec les patients... Par ses histoires d'une sensibilité folle, touchantes et drôles, il restitue tout le petit théâtre de la comédie humaine. Un bloc d'humanité.

**Merci à Marjorie et au Livre de Poche pour ce roman**

Dans ce roman, un urgentiste (Baptiste en l'occurrence) nous raconte une semaine de sa vie aux urgences et dans les autres services de l'hôpital où il travaille.

Dans ce récit, nous passons par toutes les émotions: la joie, la tristesse, l'angoisse, l'espoir, la fatalité, la peur de la mort, la colère, l'injustice, le désespoir face à la maladie mais tout cela, Baptiste parvient à le dédramatiser grâce à l'humour.
Cet humour nous permet de relativiser certaines situations. Sans les tourner en ridicule, pas du tout! C'est le genre d'humour qui permet de mieux supporter les choses (on en a parfois bien besoin)
Au cinquième étage de cet hôpital se trouve le service d'oncologie et dans la chambre 7 se trouve une patiente, malheureusement condamnée mais pour laquelle notre urgentiste éprouve une vive sympathie.
La -femme-oiseau-de-feu (c'est ainsi que la surnommée Baptiste) attend le retour de son fils qui se trouve en Islande, retour retardé à cause de la fameuse éruption du 'Eyjafjallajökull'.
Alors, Baptiste décide d'insuffler un peu plus de vie chez sa patiente et pour ce faire, va lui raconter des anecdotes survenues dans l'hôpital. Anecdotes que nous découvrons en même temps tout en vivant la vie des urgentistes et leur vie de tous les jours.
Tout cela nous est raconté d'une façon légère qui nous permet de sourire malgré les drames inévitables de la vie.
J'ai adoré les surnoms donnés aux patients et aux médecins.
Nous avons un Mr Holmes qui, contrairement à son homonyme, est loin d'être une lumière, Mme Blackhole qui, comme un trou noir, avale tout ce qui passe (elle atteint quand même le record de 296 kg pour 1m59), Mr Panda qui s'est blessé en tombant sur du bambou, Mme Troptard qui permet à Baptiste de nous ouvrir les yeux sur l'importance du dépistage du cancer du sein...
Nous avons la chef Pocahontas, rusée comme un sioux, l'infirmière Frottis, le chef Gueulard, un médecin désagréable au possible...
Tout un univers qui nous rappelle les séries urgences et Grey's anatomy à la différence qu'ici, c'est la Vrai vie.

Une magnifique histoire qui donne tour à tour envie de rire et de pleurer.
Chaque patient, chaque interne, chaque médecin a son histoire; tantôt cocasse, tantôt poignante, tantôt émouvante mais il y a toujours cette petite pointe d'humour qui permet de faire glisser tout ça.
J'ai beaucoup aimé et trouvé très beau la façon dont Baptiste exprime ce qu'est la mort pour lui:

Je n'aime pas le mot "mort". On ne meurt pas : on chevauche un étalon arc-en-ciel qui vous emmène faire du rodéo dans les nuages au son de Lucy In The Sky With Diamonds.

Baptiste compare également l'hôpital et ses étages à un arbre et au corps humain ;

Il ressemble à un arbre immense....
-Premier étage : l'orthopédie et la rééducation fonctionnelle. Un corps bien charpenté qui tient sur ses bases.
-Deuxième étage : la chirurgie digestive et la gastro-entérologie. Un corps bien nourri avec un ENORME ventrre.
-Troisième étage : la cardiologie et la pneumologie. Un coeur bat, des poumons se gonflent. Tout s'oxygène.
-Quatrième étage : neurologie et gériatrie. La pensée se fait et se défait. Le quatrième étage? Tous les souvenirs de la ville y sont hospitalisés un jour ou l'autre.
Finalisant cette ossature étonnante, on a : 
-Dans les racines du sous-sol, la maternité et les Urgences. On y entretient une flamme à chaque instant, celle de la lutte pour la Vie.
-En haut, sur les plus hautes branches, au cinquième et dernier étage, la cancérologie et les soins palliatifs. La sève n'arrive plus et des feuilles sèches sont jetées vers le ciel obscur. La lutte est finie...

Il y a beaucoup de phrases choc dans ce livre. Et lorsque l'on finit sa lecture, on se sent différent. La crainte de la mort et de la maladie est toujours présente, mais on ne voit plus cela de la même façon.
Une magnifique lecture qui ne peut laisser personnes indifférent, pleine de chaleur humaine, de poésie, d'abnégation, d'amour de son métier car il faut l'aimer ce métier pour arriver à affronter chaque jour la maladie et le chagrin tout en essayant de réconforter les malades.
Une belle leçon de vie !!

Ce livre est un service-presse "Le livre de Poche"