dimanche 5 avril 2015

Le manuscrit proscrit de Nur Jahan de Cécilia Correia

J'ai Lu - 19 mars 2015 Semi Poche 480 pages
(disponible en format eBook)
En vente sur le site J'ai Lu pour Elle
J'Ai Lu Pour Elle

« Dorsetshire, 25 octobre 1836, 
Les mots me manquent pour exprimer mon ressenti en reprenant, moins d'un an après mon retour en Angleterre, les annotations diverses effectuées au cours de mon expédition en Inde. Quiconque viendrait à les lire pourrait penser à tort que la raison m'a abandonnée. Que le Ciel m'en soit témoin, ce n'est point le cas.
C'est avec une appréhension certaine que je me replonge dans cette aventure, là où tout a commencé, non loin du Cap des Aiguilles, alors que la fureur d'une terrible tempête était sur le point de s'abattre sur notre vaisseau... »

**Merci à Elsa et aux Éditions J'ai Lu pour ce roman**

Le résumé de l'éditeur étant assez évasif (de façon volontaire à priori) je ne vais pas trop en raconter sur cette romance, non plus. Histoire de garder le voile de mystère qui nimbe ce récit. 

Nous sommes en 1836 et Judith Guitly  notre héroïne et narratrice de ce récit, est une jeune intrépide de 21 ans. Orpheline depuis ses quinze ans, c'est son oncle Peacock qui l'a pris sous son aile et qui, de ce fait, lui a transmis ses passions : la nature et les sciences. 
Voilà comment, cette jeune anglaise se retrouve embarquée dans une expédition, destination les Indes, au lieu de prendre époux et fonder une famille comme l'exige la bienséance. Elle accompagne son oncle sur ces terres lointaines, colonisées par  l'Angleterre mais encore si méconnues et sauvages...

Arrivée à destination, frappée par la chaleur accablante et troublée par le dépaysement total de ce pays, elle va aussi devoir faire face aux us et coutumes de ce peuple. Pour cette jeune entêtée, indépendante et volontaire, son caractère fougueux risque de ne pas passer inaperçu... Surtout auprès de leur hôte, le maharaja Devak Madan...

Ce récit mélange romance historique et fantastique. Beaucoup de magie, croyances et légendes viennent enrichir l'histoire. 

Je vais commencer par ce qui m'a le moins plu : Judith. 
Je n'ai pas aimé son personnage trop borné. Je n'aime pas les gens qui veulent, coûte que coûte, avoir le dernier mot, qui disent blanc quand on dit noir et inversement. Cet esprit de contradiction est insupportable. De plus ses agissements sont souvent puérils. Et même si je comprends sa volonté d'affirmer son indépendance et ses opinions en tant que femme (chose qui n'est pas évidente à cette époque, surtout en Inde) ;  savoir se plier au us d'un pays fait partie de la politesse. Or son comportement frise à plusieurs reprises l'insolence (l'histoire du sari par exemple) et bien souvent l'inconscience, ainsi qu'un manque évident de jugeote (comme dans la jungle avec le fouet !! sérieux ??! Tu ne peux pas te taire Jude ?!). 
Voilà pour ce qui fâche. J'ai eu beau essayer, je n'ai pas réussi à m'attacher à ce personnage trop en contradictions. 

Sinon, cette histoire commence doucement et il m'a fallu la moitié du récit pour me sentir complètement happée par l'intrigue. Mais une fois que la magie opère, c'est un délice

Cécilia Correia nous transporte par ses mots, dans un monde où légendes et magie se fondent dans un paysage à couper le souffle. 
Être bien au chaud au fond de son lit et se retrouver, en un clignement d’œil, déambulant dans les rues de Raijapur ou poursuivant le tigre blanc, à dos d'éléphant, c'est assez exceptionnel comme sensation, je dois dire. 
Et c'est là toute la magie de cette lecture (et du talent de l'auteur), cette facilité avec laquelle nous nous évadons et voyageons dans des contrées qui nous sont inconnues. De pouvoir fantasmer sur un beau maharaja aux yeux verts ressemblant à Pedro Perestrello* (gros soupirs énamourés), qui flaire bon le péché de luxure !! Humm. Quel régal !

C'est une très belle romance qui nous tient en haleine (surtout la dernière partie) et dont le final nous met  les nerfs à vif  (et c'est peu dire ! grrr !) !! Cécilia n'hésite pas à torturer son lecteur jusqu'aux dernières lignes !!

* Quoi tu ne sais pas qui est  Pedro Perestrello ??! Bouh,  je suis obligée de mettre sa photo alors :p 


PS : Même si je n'en parle pas dans ma chronique, le titre du roman est l'élément clé du récit, mais pour savoir lequel, il vous faudra le lire ;)

Ce livre est un service-presse des Éditions J'ai Lu
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