lundi 10 août 2015

Le journal de L. de Karine Carville

éditions Mots et cris, 2014, version papier disponible ici, 270 pages, 
version numérique disponible ici


Léanne ne se sépare jamais de son compagnon de papier et y inscrit les moindres détails de sa vie pourtant si routinière. Pourquoi cette brillante architecte éprouve-t-elle le besoin de se confier ainsi dans son carnet ? Addiction ? Thérapie ? Que pourrait révéler ce journal s’il tombait entre de mauvaises mains ? Alors que Léanne accumule conflits et contrariétés, l’arrivée d’un homme dans sa vie fait ressurgir un terrible passé. Et si de terrifiants secrets se lisaient entre les lignes ? 




Avant tout merci à Karine Carville et à Sabine Lauret pour m'avoir proposé ce service-presse.


Léanne est une femme dans la trentaine, architecte de métier.Elle est obsédée (on peut le dire) par son "carnet" intime dans lequel elle note compulsivement tout les événements qui se déroulent dans sa vie chaque jour. Elle se contraint à suivre une routine bien établie, toutes ses journées se commencent et se terminent par les mêmes gestes. Et la moindre perturbation prend directement des proportions énormes.
Pourquoi cette manie, on pourrait presque dire ce Toc ?
Ces carnets sont-ils simplement un compte rendu méthodique de ses journées ou cachent-ils entre leurs lignes de bien sombres secrets ?

Je ne savais pas très bien à quoi m'attendre en débutant ma lecture et j'avoue que Karine m'a prise complètement au dépourvu !
Au départ, je ne voyais dans ces pages que les écrits d'une jeune femme, Léanne, quelque peu (et c'est un euphémisme !) perturbée, mais on pouvait deviner entre les lignes qu'un événement dramatique l'avait profondément marquée. Mais lequel ? Mystère ?

Peu à peu, Karine nous plonge dans un récit plus sombre, tout comme une araignée, elle tisse peu à peu sa toile dans laquelle elle nous capture, nous retient prisonnière de ce suspense.

Mais quelle imagination, quelle tension, quelle pression, quel machiavélisme dans ces pages !
On ne peut qu'être subjuguée, fascinée par ce récit !

Et malgré la fin qui nous apporte toutes les réponses, cela se termine de telle façon qu'il reste au fond de nous un doute, un malaise qui mettra un certain temps avant de se dissiper (s'il se dissipe !)
Pourquoi ce doute et ce malaise ?
Je ne peux évidemment pas vous le dire car alors, tout ce qui fait la saveur, l'intérêt de ce roman serait dévoilé ce qui serait une terrible erreur !
C'est une lecture qui se doit d'être faite peu à peu, par petites touches successives, d'ailleurs, l'auteur y parvient très bien et distille très intelligemment les éléments et c'est au fur et à mesure de la lecture que les pièces de ce puzzle machiavélique se mettent en place.

Je vous recommande cette lecture qui m'a tour à tour, intriguée, perturbée, horrifiée, fascinée ...