mercredi 16 décembre 2015

Le jardin d'Hiver de Frédérique de Keyser

Pygmalion, 11 novembre 2015 - Grand Format 608 pages
(disponible en eBook)

"J'étais à la recherche de la poésie du brouillard qui transforme les choses, de la poésie de la nuit qui transforme la ville, la poésie du temps qui transforme les êtres..." 
Photographe de presse indépendant de profession, photographe en toutes circonstances, Sophia n'est jamais très loin de son objectif. Malheureusement, faire reconnaître son talent n'est pas facile. Consacrant tout son temps à son travail et à sa passion, elle ne fréquente personne en dehors de sa meilleure amie, Annette. Alors, lorsque le célèbre Sam Nahash, écrivain mystérieux que personne n'a jamais pu voir, la convoque, elle est plus qu'étonnée. Et cette invitation n'est pas la seule surprise qu'il lui réserve...

**Merci à Fanny et aux Éditions Pygmalion pour ce roman**

Après réflexion, j'ai décidé de ne pas faire le résumé de ce récit. Celui de l'éditeur, bien que succinct, est largement suffisant. Puis, l'un des points forts de cette histoire, est justement le  côté mystérieux qui s'en dégage. Or, parler de la trame, c'est risquer de trop en dire et de spoiler.

Nous suivons dans ce roman, par une narration externe, non pas un, ni deux... mais quatre personnages : Sophia et Sam, nos héros. Mais aussi Annette et Shax, les amis respectifs de Sophia et Sam. Ce quatuor nous mène dans une intrigue sombre, inquiétante, mais aussi terriblement romantique et sensuelle.

La plume de Frédérique de Keyser est toute en sensibilité, à la fois moderne et recherchée, parfois même empreinte d'un ton légèrement ampoulé, mais ne vous y fiez pas... car se cache derrière un sadisme assumé !
L'auteur nous distille - à son bon vouloir - quelques bribes d'informations, voilées, dites à demi-mots, suffisantes certes pour retenir notre attention et attiser notre curiosité, mais nous laissant toutefois dans un brouillard frustrant. Ce qui, à force, peut être agaçant. Je ne suis pas connue pour ma patience et là... Il en faut si l'on veut connaître le fin mot de l'histoire.
Bien sûr, cela ne m'a pas empêché d'échafauder des théories, mais sans fondement aucun, puisque les indices sont vraiment limités et ce, jusqu'au dénouement final.
Si l'on "connaît" Sam l'artiste, du moins ce qu'il laisse paraître, on ne connaît strictement rien de Sam l'homme - s'il en est vraiment un - Qui est-il réellement ? Quel est l'origine de ses tourments ? Pourquoi se consume-t-il de l'intérieur et paraît-il si torturé ? Que lui est-il arrivé ? Est-ce dû à une malédiction ? Un sort jeté ? Ou autre chose d'encore plus vil et pernicieux ?
C'est vraiment dans la dernière partie que tout se met en branle et il faudra attendre les dernières pages pour que la vérité nous soit enfin révélée et que toutes nos questions trouvent une réponse (et je n'ai rien vu venir !).

Le rythme, quant à lui, est lent, paresseux, une douce caresse de poésie et de volupté. À l'inverse de nos héros dont les caractères passionnés et vifs viennent contrebalancer idéalement ce rythme, ils apportent punch et dynamisme. Ses personnages complexes, troublants et hauts en couleur, alliés à ce flux langoureux, donnent à ce récit un parfait équilibre.

Le jardin d'Hiver est un conte pour adultes, puisque les scènes charnelles, délicieusement sensuelles, font partie intégrante du récit. Si elles sont enflammées et brûlantes, elles ne sont nullement vulgaires, elles se fondent à merveille dans ce décor onirique. Ajoutant à l'histoire ce petit piment bienvenu qui nous réchauffe en ces soirées d'hiver^^.

Un conte revisité, de La Belle et la Bête, réussi. Personnellement j'ai bien retrouvé l'esprit de ce conte dans cet ouvrage. Évidemment nous sommes loin de l'histoire originale, mais l'on voit très bien qu'elle en est la base.
Je ne suis pas une grande fan de contes revisités, ni du style d'écriture un brin guindé (comme c'est le cas ici) mais ce mélange de modernisme, de poésie, et cette intrigue qui nous mène par le bout du nez, m'ont bien plu.
Ce livre est un service-presse de :