mercredi 9 décembre 2015

Si c'est la fin du monde de Tommy Wallach

Nathan, 07 janvier 2016 - Grand format 470 pages

Avant, on était définis par des étiquettes: le sportif, l'intello, la salope, le glandeur.
Mais ensuite, tout a changé.
La fin du monde a été annoncée.
Un astéroïde arrivait dans deux mois.
Il avait deux chances sur trois de faire exploser la Terre.
Il ne restait que deux mois.
Deux mois pour renoncer aux étiquettes.
Deux mois pour réaliser ses rêves.
Deux mois pour s'aimer, pour être libres, pour être heureux.
Deux mois pour vivre.
Pour vivre vraiment.
**Merci aux Éditions Nathan pour cette lecture en avant-première**

En lisant le petit résumé en quatrième de couverture de mon livre, j'ai de suite été séduite par ce concept, par cette idée de faire une romance, non pas post-apocalyptique, mais pré-apocalyptique.
Et de surcroît avec des élèves quelques peu clichés : la salope, l'intello, le sportif et le bon à rien. 

Dans ce roman, nous suivons donc, par le biais d'une narration interne et à quatre voix, l'histoire de Peter, Elisa, Andi et Anita, quatre élèves de 18 ans, du lycée Hamilton en Californie.

Peter Roeslin, c'est le sportif du lycée. Celui à qui tout réussi : beau gosse, issu d'un milieu aisé, bon élève, champion de l'équipe de Basket d'Hamilton. Avec sa petite amie Stacy, ils forment le couple le plus populaire du lycée. Son avenir semble tout tracé : Une bonne faculté et une vie facile auprès de Stacy... Sauf que, depuis quelques temps, Peter se pose des questions... est-il sur le bon chemin ? Comment être sûr de ne pas se tromper ? 
Bizarrement, le seul moment où il s'est vraiment senti vivant, c'est lors de ce baiser échangé avec Eliza Olivi, un an plus tôt. 

Elisa Olivi, elle, à l'inverse de Peter, rien ne semble lui sourire. Depuis quelques années, c'est même la déchéance : sa mère s'est barrée et son père est atteint d'un cancer incurable - ça, c'est pour le côté familial. À l'école, ce n'est pas beaucoup mieux. Avant, c'était la fille sage et discrète dont personne ne faisait attention (et ça lui allait), maintenant, c'est la salope du lycée. Tout ça, en raison d'un moment d'égarement avec Peter Roeslin dans le labo photo. Rien n'était prémédité, mais au final tout le lycée l'a su et Elisa est devenue la paria, celle qui pique les petits copains des autres, la fille facile... la salope
Sa réputation étant faite, Elisa a donc pris le parti de faire ce que les gens attendaient d'elle : se conduire comme une salope.

Andi Rowen, c'est le je m'en foutiste du lycée. L'école ? Il s'en tape. La vie ? Il s'en tape. L'avenir ? Il s'en tape. Ses passe-temps se résument à boire, fumer des joints, skater et faire de la musique avec son groupe, Perineum. Le reste, il s'en contre-fiche... tout simplement parce qu'il ne se voit pas d'avenir. Comme il ne s'est toujours pas trouvé de but dans la vie, il préfère occulter cette question, prendre un bon bédo avec ses "amis" (Andi n'a pas franchement de bonnes fréquentations) et vivre au jour le jour. 

Anita Graves, c'est l'intello de service. Issue d'une famille d'immigrés noirs, devenue extrêmement riche, son père n'attend d'elle que la perfection. Et encore, la perfection, c'est trop peu. 
Anita vit dans une pression et une peur constante : celle de décevoir son père - chose qui arrive qu'importe les efforts qu'elle fournit. Pourtant Anita est la meilleure en tout. Elle bosse dur pour arriver à "satisfaire" les exigences de son paternel. Son avenir ? Devenir brillante, coûte que coûte. 
Pourtant, Anita a un autre rêve, qu'elle n'ose avouer à sa famille : chanter. 

Ces quatre adolescents, s'ils se connaissent, ne se côtoient pas pour autant et ne semblent pas avoir grand chose en commun. 
Puis vient Andor. 
Andor c'est le nom de l'astéroïde qui menace la terre. Les chances (ou malchances en l'occurrence) qu'elle s'écrase sur la terre ? 66% ! Soit un tiers de chance qu'ils survivent, contre deux-tiers qu'ils meurent tous. Autant dire que les espoirs sont minces. 
Il leur reste deux mois avant l'impact... deux mois de sursis. 
Mais que fait-on dans ce cas-là ? Quand, justement, d'avenir, tu n'en as plus ?! Comment réagir ? Quoi faire de ce laps de temps ? Continuer à vivre comme si de rien était ? Ou vivre ses rêves ? 

Pour son premier roman Tommy Wallach fait fort. 
Qui ne s'est pas posé la question au moins une fois dans sa vie, sur ce qu'il ferait en cas de fin du monde ? 
Si comme, à l'instar de nos héros, nous n'avions que 2 mois à vivre, que ferions-nous ? 
Tout du long de ma lecture, je me suis posée la question moi aussi. (Et je cherche encore la réponse :p )
Pourtant, cette météorite, même si elle est le "cœur" de cette histoire, elle n'en est en aucun cas son centre
L'auteur a pris le parti de privilégier la psychologie de ses personnages à l'action. 
Ne vous attendez pas à un roman d'action ou à une romance dystopique à proprement parler, car ce n'est pas le cas. Bien-sûr cette histoire comporte son lot de rebondissements, mais pas en rapport avec Andor. 
Si c'est la fin du monde relate une tranche de vie de 4 ados qui, à l'aube de la fin du monde, rêvent de s'accomplir, de s'épanouir.  Et franchement ? C'est réussi ! 

C'est un roman addictif, surprenant par son déroulement (je ne m'attendais pas du tout à ça), par son style de narration à quatre voix, par la façon dont l'auteur traite cette histoire, et puis, par sa fin ! Je suis restée comme deux ronds de flan ! (Mais je ne sais toujours pas si je l'aime ;) )
Il y a même un passage juste avant la fin qui m'a tellement scotchée que j'ai dû le relire à plusieurs reprises : l'auteur nous balance une "bombe" avec tellement de légèreté et désinvolture que c'en est vraiment, vraiment déstabilisant. Choquant même ! Puis vient le dénouement final, et là... et là, je m'arrête là... (méchante, moi ? mais non !)

En bref ? C'est une histoire à ne pas manquer qui change de ce qu'on lit habituellement. 
Ce livre paraîtra le 07 janvier 2016 chez