samedi 26 mars 2016

Les disparus de l'A16 de Maxime Gillio

J'ai Lu, 03 février 2016 - Semi-Poche 282 pages
Disponible aussi  en eBook
Disponible sur le site J'ai Lu
http://www.jailu.com/
Triste publicité pour la commune de Saint-Folquin : quatre hommes et une femme sent disparu sur l’autoroute A16, aux abords du village. Trois disparitions inexpliquées survenues à quelques mois d’intervalle... Alors que la police piétine, la compagne d’un des disparus demande à Virginia Valmain de faire sa propre enquête. Quand la célèbre détective privée dunkerquoise, connue pour son franc-parler et ses mauvaises manières, débarque à Saint-Folquin avec son équipe de choc, les événements s’accélèrent. Virginia ne porte pas de gants et ne fait pas dans la dentelle. Attention aux éclaboussures !

**Merci à Laury et aux Éditions J'ai Lu pour ce roman**

Virginia Valmain est un sacré personnage.
Détective privé, elle travaille en tandem avec tout d'abord Mère-Grand qui est, en fait, sa tante alcoolique, lesbienne convaincue, grande gueule, au langage plus que fleuri, férue en informatique mais qui adore sa nièce suivie de Lao-Tseu qui, comme son nom ne l'indique pas, est un grand black de près de deux mètres, citant à chaque phrase des expressions de son homonyme chinois (d'où son surnom), à la mémoire phénoménale mais au QI d'une moule. Il a beau savoir citer de mémoire tout ce qu'il lit, il est incapable de calculer, par exemple, l'aire d'un carré ! Ces deux compères s'entendent comme larrons en foire et l'expression préférée de Mère-Grand quand elle s'adresse à Lao-Tseu est : " Tu m'emmerdes Lao-Tseu ! " ^^
Il y a aussi David Roncin, un fils à papa pourri, gâté, qui bave (au propre comme au figuré) sur la plastique de Virginia ( je vous ai dit qu'elle était une vraie bombe ? Non ? Bein voilà, c'est fait !) qui participe parfois avec elle sur ses enquêtes (enfin, c'est ce qu'on nous dit vu que c'est sa première enquête) et surnommé Curly. Pourquoi Curly ? Comment dire ...? Vu la taille de son micropénis, c'est le nom qui le qualifie le mieux, si vous voyez ce que je veux dire ^^
Et puis, il y a Adam, le séduisant inspecteur Adam Bathany, avec lequel Virginia a eu une aventure qui ne s'est pas très bien terminée.

Tout ce petit monde se retrouve donc dans un petit village : Saint-Folquin qui six mois plus tôt était encore un petit point perdu sur la carte mais qui, depuis la disparition mystérieuse de 5 personnes, a acquis une certaine notoriété.
Chargée par l'épouse, très peu éplorée, d'un des disparus, Brian Slatter, de le retrouver, le flair et le talent de Virginia et de sa fine équipe vont être mis à rude épreuve car à Saint-Folquin, les apparences sont parfois trompeuses !

J'ai adoré ce roman et il a été un coup de coeur. Pourquoi ? Parce que je ne m'attendais pas du tout à ce genre d'enquête.

En fait, l'auteur laisse la parole à ses personnages, un peu comme si c'était Virginia qui l'écrivait.
Et elle nous inclut dans ses dialogues, elle s'adresse à nous directement, nous dit même ce qu'il va arriver quelques chapitres plus loin, nous fait des propositions de suite pour l'histoire, nous fait croire qu'elle va tout nous révéler et puis, elle change d'avis et nous le fait savoir en se moquant (gentiment) de nous. Lorsque par exemple, elle nous parle d'enquêtes qu'elle aurait déjà menée, il y a un petit alinéa qui nous explique qu'en fait, le livre sera écrit plus tard si celui-ci à du succès. Et des alinéas, il y en a quelques uns, toujours pleins d'humour et parfois d'autodérision.

Le langage et le vocabulaire sont parfois grossier, elle ne prend pas de gants pour dire ce qu'elle pense et Mère-Grand encore moins !!! 
Et les descriptions, alors là, du vrai caviar !! Il faut lire le passage où elle décrit la mairesse de Saint-Folquin : une vraie tuerie, dégueu, tout en exagération (si peu) mais tellement bien écrite qu'elle ne peut que nous faire sourire !!! Je vais d'ailleurs vous en mettre un  petit extrait plus loin. Et cela n'est qu'une infime partie du contenu du roman.
L'enquête en elle-même est rondement menée, ils se fourvoient  parfois mais, au final, Virginia résoud cette affaire de main de maître.

J'avoue que j'ai du mal à retranscrire mon ressenti tant le style d'écriture est spécial mais il est génial ! Je me suis retrouvée plus d'une fois à sourire et même à rire tant certaines situations, réflexions sont savoureuses !
Le mieux que vous ayez à faire est de le lire sauf si vous n'aimez pas le vocabulaire fleuri (et c'est un euphémisme !), l'humour, les personnages atypiques.
Mais si ce n'est pas le cas, foncez, vous ne le regretterez pas!
Je n'ai jamais vu un tel moutonnement de boutons, une telle avalanche de points noirs, une telle orgie de bubons, une telle accumulation de furoncles. ...
...Et toute la gamme y passe. Du petit comédon discret sur l'ailette du nez à l'abcès purulent sur la tempe. Du vert et gras dans le cou au blanc laiteux sous l'oeil. ...
.... J'en aperçois des petits, des gras, des beaux, des laids, des durs, des mous, des souples, des faibles, des qui sentent quand on les perce, des joyeux, des tristes, des revêches ...
.... J'ai du mal à empêcher mon potjevleesh de se faire la malle. Comment ils font, les élus, lors du conseil municipal ?Ils lui mettent une cagoule ? Se bandent les yeux ? Ont un certificat médical pour ne pas y assister ?...
...elle me serre la main. Je sens un liquide chaud et poisseux au bout de mes doigts ... 

Une petite info : le crossover Felicity Atcock/Orcus Morrigan "Les anges ont la mort aux trousses'" de Sophie Jomain a été co-écrit avec Maxime Gillio.

Ce livre est un service-presse de : 

http://www.jailu.com/