dimanche 18 janvier 2015

Cobayes T1 Anita de Marilou Addison

éditions de Mortagne, papier, broché, 328 pages disponible ici et numérique disponible ici


Ils ne se connaissaient pas…
Ils ont tous répondu à la même annonce…
Une compagnie pharmaceutique.
Des cobayes.
Des effets secondaires insoupçonnés. 
Poids à perdre : huit foutues livres.
Méthodes utilisées pour y parvenir : faire de l’exercice de façon saine ? Manger santé ? Non…
Suer à grosses gouttes avec un sac poubelle sur le dos, ne rien avaler de la journée et, surtout, vomir. Ç’a toujours été la solution la plus efficace. Mais mon chum Manu commençait à en avoir assez de mon petit manège. Et moi aussi, d’ailleurs.
Il y a quelques semaines, j’ai trouvé un moyen de ne plus m’enfoncer deux doigts dans la gorge dès que je bouffe la moindre calorie. Une étude clinique qui annonçait plusieurs effets secondaires possibles. Dont un, parfait pour moi : perte de poids. J’ai sauté sur le téléphone et, depuis ce temps, je reçois des injections qui doivent soi-disant me guérir de mon anxiété.
Je suis moins stressée, c’est vrai. Toutefois, mon esprit commence à s’embrouiller. J’ai parfois des trous de mémoire. Faut que j’en parle au doc. Et mon appétit change. Je mangerais bien un steak saignant, là, maintenant!
Mais je me moque un peu de tout ça, au fond, puisque je maigris à vue d’œil…

 COBAYES est un univers que vous pouvez découvrir à travers la plume de sept auteurs différents. L’horreur et le suspense vous attendent dans les sept romans de cette série, à lire dans l’ordre… ou dans le désordre. Il s'agit d'une série canadienne et cerise sur le gâteau, le septième et dernier tome sera écrit par Yvan Godbout!!

Je viens donc de fermer le tome 1 de la série et j'en suis encore toute retournée. Cela a été une lecture déroutante, morbide, oppressante et tout à fait addictive.

Quand vous lisez la série Cobaye, oubliez la première image qui vous vient à l'esprit, à savoir une adorable boule de poil car, ici, Cobaye est tout sauf adorable!!

Anita, suite à une enfance perturbée, souffre d'anorexie. J'avoue que, jusqu'à présent, je ne m'étais jamais posée de questions sur cette maladie mais lorsqu'on découvre la vie d'Anita, les sévices qu'elle se fait subir pour perdre ces 8 maudites livres, j'en suis tombée sur le c...
Mais voilà...où tout s'emballe, c'est lorsque son chum, Manu (ai-je oublié de vous préciser que ce sont des auteurs canadiens et que j'ai beaucoup aimé la découverte de certaines expressions ^^ ) lui pose un ultimatum: ou elle file consulter un psy ou il la quitte.
Anita consulte donc le journal et tombe sur une petite annonce pour la firme Alphalab qui recherche des cobayes pour tester un tout nouveau produit sensé soigner les troubles de l'anxiété. Mais ce qui intéresse Anita, c'est la liste des effets secondaires et un en particulier: possible perte de poids.
Elle s'inscrit donc en cachette à cette étude mais sa vie déjà bien compliquée va devenir une vraie descente aux enfers qui ne fera qu'empirer au fur et à mesure des injections.
Ce récit est une vraie plongée dans l'horreur, le sang, les tests pharmaceutiques et l'humour, noir bien entendu, mais savoureux. C'est évidemment une lecture à prendre au second degré. Le changement d'attitude d'Anita est tellement énorme et inattendu que l'on ne peut qu'en sourire malgré l'horreur de la situation.
Ce roman est aussi savoureux qu'un steak bien saignant et j'ai adoré.
Il me tarde d'attaquer le tome 2.
Petit bonus

Chaque tome bénéficie d'une petite bande annonce. Voici le lien pour le premier tome.
À demi rassurée, je m’approche des arbustes et, lentement, je les écarte pour voir si quelque chose est encore là, caché dans l’ombre. Rien. Qu’une masse, grosse comme ma main, immobile sur le sol. J’enjambe le buisson et me penche vers le petit tas recroquevillé sur lui-même, constatant par le fait même qu’il s’agit d’un animal mort. Un chat. Pas un vieux matou miteux. Plutôt un bébé.
Durant un court moment, je songe qu’il devait être mignon, quand il était encore plein de vie. J’aurais presque le goût de le caresser pour l’apaiser, bien que je sache très bien qu’il ne ressentira pas mon empathie pour lui. J’ai déjà le bras dans les airs, la main prête à effleurer sa fourrure blanc et noir, quand je me ressaisis. J’incline la tête, abaisse mon bras et soupire,
avant de remarquer une tache rouge, là, juste sous le chaton. Une tache qui s’agrandit de plus en plus. Qui menace même de salir mes chaussures, déjà passablement crottées. En plissant les yeux, je détecte aussi que le pelage de l’animal a été endommagé, à la hauteur du cou, comme si un prédateur avait tenté de le mordre, après sa mort. Ouais, c’est sûrement la sale bête qui s’acharnait sur lui, avant que je ne lance ma roche… Elle tentait de le bouffer, comme un vulgaire morceau de viande. Rouge. Saignant…
Vas-y…
Je ferme les yeux pour tenter de calmer les électrochocs qui viennent me brûler le bout des doigts. Voyons, qu’est-ce qui me prend ?! Je me redresse brusquement, pour ne pas être tentée, et
tourne les talons.
Allez, qu’est-ce que tu attends ? Tu n’as qu’à  tendre la main.
Ne pas y penser. Ne pas y penser. Ne pas… Cette chair si rose, ce sang si rouge, cette odeur…
NON ! Je suis en train de devenir complètement folle ou quoi ? Mes jambes se mettent à courir dans les rues menant jusqu’à chez moi.
Mais non, reviens ! Ne pars pas comme ça. Tu étais à deux doigts de…
Enfin, lorsque j’aperçois mon immeuble, j’y grimpe sans m’arrêter. Le souffle court, je bûche sur la porte, pour que Manu vienne m’ouvrir. Pas le temps de sortir mes clefs. Je ne sais d’ailleurs même pas où elles se trouvent.
Mais je m’en fiche ! Je bouscule mon chum, qui apparaît dans l’embrasure, la mine fripée, le regard furieux et anxieux. Je disparais dans la salle de bain, fais couler l’eau de la douche et m’y engouffre. Ce n’est qu’une fois sous l’eau que je me débarrasse enfin de mes vêtements souillés. Je les jette sur le carrelage et m’accroupis dans le fond de la baignoire, tremblante.
Tandis que je sanglote, Manu se décide à ouvrir la porte et à venir me rejoindre. Sans arrêter le jet, il s’assoit avec moi dans la baignoire et laisse l’eau couler sur nos corps.
— Chuuuuuut, chuuuuuut, murmure-t-il, sans rien me demander.
Et, de toute manière, comment pourrais-je lui avouer qu’il y a quelques instants seulement j’ai eu ce goût si fort et si soutenu pour de la chair? Que même ce chat mort me semblait un régal.
Tout simplement. Non, je ne peux pas le lui dire. Ni lui parler de la voix de mon père, qui me pourchasse, encore et toujours, de ses accents déments….


Ce livre est un service-presse des Editions de Mortagne
https://editionsdemortagne.com/