mercredi 18 mars 2015

Cobayes T3 Yannick de Martin Dubé

éditions de Mortagne, disponible en version papier et numérique ici


Mon principal défaut : ma générosité.
Coup de pouce, oreille attentive, dos large, cœur sur la main. Je me fends toujours en quatre pour aider les autres… à mon détriment. Et j’ai l’embarras du choix. De mon meilleur ami Lucien pour qui je suis le parfait confident, à ma voisine d’en dessous, la charmante Marguerite, qui me prend pour son homme à tout faire, tous me considèrent comme le candidat idéal pour satisfaire leurs caprices et calmer leurs angoisses. Et il y a ma sœur, Myriam, pour qui je donnerais ma vie. La sienne n’est pas facile et j’aime croire que je suis toujours là pour elle. Souvent, je m’oublie pour qu’elle puisse être heureuse. Sauf que, ces derniers temps, je sens que j’ai franchi le point de non-retour. Depuis que j’ai commencé à participer à cette étude clinique, ma vie me semble lourde, déréglée, impossible. Oui, l’argent que j’y reçois aide beaucoup ma sœur, mais toute cette expérience me dépasse. Je suis de moins en moins charitable, de plus en plus impatient. Et je commence à faire des cauchemars. À avoir des hallucinations qui me semblent parfois tellement vraies…


 Merci aux éditions de Mortagne pour ce troisième volume.

Je viens de refermer ce troisième tome, et encore une fois, c'est une vraie réussite !! 
Le fait que ce soit des auteurs différents à chaque volume n'enlève aucune valeur à la qualité de l'écriture.
On pourrait se dire que l'on va plus ou moins apprécier l'un ou l'autre auteur mais jusqu'à présent, je les aime tous tout autant.

Dans ce volume, nous faisons la connaissance de Yannick !
Comment décrire Yannick ????
Il peut être résumé en un mot : TROP !! (dans le sens positif du terme). Il est trop gentil, trop aimable, trop serviable, trop à l'écoute des autres, oublie de penser à lui trop souvent...
Mais ce qu'il n'est sûrement pas, c'est trop méchant, trop violent...
Son seul hobby : inventer des vies aux personnes qu'il rencontre.

Il rend donc service à tout le monde, vient en aide à tout le monde et dans ce cas, pour aider sa soeur qui a des problèmes d'argent, il s'inscrit à cette fameuse étude clinique d'Alphalab. Mal lui en prend !!
Mais contrairement aux personnages des deux premiers tomes, Yannick essaie de lutter contre cette envie de violence, d'envie de tuer qui l'assaillent depuis le début de ces injections.

Tout comme dans les précédents récits, la violence est présente mais plus modérée que dans les deux premiers ce qui parfois, fait du bien ^^

Tout le long du récit, nous nous demandons si Yannick va basculer du mauvais côté de la force. Sa gentillesse et sa bonté naturelles vont-elles lui permettre d'échapper à cette spirale de violence ?
Ce roman est savoureux, et on se demande sans arrêt si Yannick a succombé à ses pulsions ou s'il y résiste. Et il est vrai que l'auteur à l'art et  la manière pour nous faire croire et douter !!

Encore une agréable découverte et je frétille déjà à l'idée de découvrir le tome 4 prévu pour le 8 avril.
Mes proches ont tendance à dire que je suis parfois trop gentille...
Je me demande si je n'irais pas faire un petit tour du côté d'Alphalab pour une petite série d'injections. ^^
PS J'adore la cover!! Le moins que l'on puisse dire, c'est que Yannick a vraiment le coeur sur la main!! ^^


Petit bonus

Comme pour les tomes précédents je vous mets  le lien pour la bande annonce de ce troisième opus.

"...Mais, pendant qu’il déblatère sur son impossible passé, je me surprends à ne plus écouter ce qu’il raconte. En moins de deux, je lui arrache des mains le stylo qu’il s’amuse à mâchouiller pour le lui enfoncer dans le cou puis dans les yeux, l’un après l’autre. Je l’empêche de crier en insérant mes doigts très loin dans sa gorge. Son dernier repas remonte à la surface, mais je garde mon sang-froid et étends mon patron sur le bureau en lui déchirant sa chemise. Sur son torse, je joue de l’agrafeuse comme un possédé. Je perds tout contact avec la réalité. Conrad se convulse de douleur, me supplie, la bouche pleine de trombones, d’arrêter. Il cherche son souffle. Il ne résiste presque plus. Il ne bouge plus. Et, pendant qu’il glisse au sol, je le regarde s’étouffer dans son sang, écrasant de mon pied son visage en panique. Sans vérifier s’il est mort ou seulement grièvement blessé, je quitte son bureau, salue Suzanne du bout des doigts et pousse la porte de DUB inc..."

"... En passant de l’un à l’autre, je remarque qu’un vieux monsieur, très âgé, le dos courbé, la main tremblante sur une canne vacillante, essaie de rester debout en s’appuyant sur les gens autour de lui. Personne n’ose croiser son regard. Tout le monde fait semblant de regarder au loin, de froncer les sourcils en cherchant une réponse à un problème imaginaire, d’être dans la lune de manière professionnelle. Bref, comme chaque matin, personne n’est assez gentil pour offrir son siège au vieux monsieur qui meurt à vue d’œil. Je devine qu’ils m’implorent tous de me lever et de lui laisser ma place. Ils savent que je suis le bon Samaritain, celui qui, à chaque occasion, se fend en quatre pour être gentil avec son prochain. Ils me connaissent trop bien, même si on ne s’est jamais parlé. 
— Monsieur, allez, venez vous asseoir, je descends au prochain arrêt. 
Et le vieux de prendre place sans jamais me dire merci, sans jamais me jeter le moindre regard. Je ravale en me disant qu’il est sûrement sourd et muet. Et très timide. Ou qu’il a une peur bleue des inconnus au cœur sur la main..."





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