vendredi 15 mai 2015

Sans raison de Mehdy Brunet

Taurnada éditions, 27/04/2015, version papier, 274 pages, disponible ici et numérique, 182 pages, disponible ici


Je suis dans cette chapelle, avec ma femme et mes deux enfants, je regarde le prêtre faire son sermon, mais aucun son ne me parvient.
Je m'appelle Josey Kowalsky et en me regardant observer les cercueils de ma femme et de ma fille, mon père comprend.
Il comprend que là, au milieu de cette chapelle, son fils est mort. Il vient d'assister, impuissant, à la naissance d'un prédateur.

Avant tout, je tiens à remercier les éditions Taurnada pour ce SP

Je viens de refermer ce roman et j'en suis encore toute bouleversée.
Quelle lecture !

Josey Kowalsky voit sa vie détruite par la mort (horrible) de sa femme et de sa fille. Ne lui reste que son fils, William et un désir de vengeance insatiable.
Après les questions, le chagrin, la douleur vient le temps de la justice et Josey, aidé par son père et son grand-père va se lancer dans une chasse à l'homme de laquelle, ils n'en sortiront pas indemnes. 
Mais une fois face aux bourreaux de sa femme et fille, aura-t-il le courage de se faire justice lui-même ? 
Mais derrière tout cela se cache une chose à laquelle les protagonistes ne s'attendaient pas du tout (et nous non plus !)
Un véritable roman coup de poing !

L'auteur nous plonge dans un monde d'horreur, de violence, de vengeance. Il distille savamment le suspense et fait de ce récit une histoire de double vengeance parfaitement orchestrée et amenée de subtile façon.
Certaines scènes sont très dures à lire. Et nous ne pouvons que prendre fait et cause pour cet homme meurtri, anéanti qui, de victime, bascule en mode prédateur. Je n'ose même pas imaginer ce que je deviendrais si je devais vivre la même horreur que lui. Et l'on ne peut qu'admirer cet homme qui, malgré son chagrin et sa douleur, se surpasse pour anéantir, éliminer, hacher menu-menu, atomiser, exploser, éradiquer les salopards (il n'y a pas de mots pour décrire ces bêtes humaines) qui ont tué sa femme et sa fille.
Mais attention, si vous vous attendez à un thriller mode américaine avec le héros qui, sans état d'âme, dézingue tout ce qui se passe, qui se retrouve indemne à la fin du carnage, genre: je suis le plus fort, le meilleur, passez votre chemin car Josey reste un être comme vous et moi avec ses doutes, ses faiblesses, ses blessures et est loin d'être un surhomme. Il est tout simplement un homme. Ce qui donne à ce roman une dimension encore plus humaine et plus réelle.

Une superbe lecture qui vous prend au coeur et aux tripes !
 Je suis dans cette chapelle, avec ma femme et mes deux enfants, je regarde le prêtre faire son sermon, mais aucun son ne me parvient. Mon fils, William, me donne la main. Du haut de ses onze ans, il écoute l’homme d’Église sans véritablement comprendre le sens de ses paroles. Ma mère n’est pas là. Lorsqu’on lui a annoncé la nouvelle, elle n’a pas supporté le choc et est tombée dans une profonde dépression. C’est mon père qui s’est occupé de tout, choix des cercueils, veillée funèbre, cérémonie religieuse. Mon père, un homme froid et dur qui n’a jamais su exprimer ses sentiments, et dont le regard vous glace le sang. Aujourd’hui, ses yeux sont remplis de tristesse, de compassion, mais aussi d’interrogation. Comment se relever d’une telle épreuve ? La réponse ne tarde pas à venir. Je m’appelle Josey Kowalsky et en me regardant observer les cercueils de ma femme et de ma fille, mon père comprend. Il comprend que là, au milieu de cette chapelle, son fils est mort. Il vient d’assister, impuissant, à la naissance d’un prédateur


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