jeudi 5 novembre 2015

Cobayes T5 Olivier de Yvan Godbout

éditions De Mortagne, 7 octobre 2015, 328 pages, version papier et numérique disponible ici






Mon souhait le plus ardent : vaincre la tourmente.J’en ai marre. Marre de mes cicatrices qui attirent le regard de tous et qui, paradoxalement, éloignent celui de mes parents. La mort de mon frère jumeau ne m’a pas que rendu invisible à leurs yeux, elle a également provoqué chez moi d’importants troubles anxieux. Au fil des années, la tourmente s’est nichée dans mon esprit. J’ai peur qu’elle ne s’y soit installée pour toujours.
À dix-huit ans, je devrais avoir d’autres ambitions que de devenir fou, non?
Je veux changer de vie. Fuir ce foyer où déambulent une mégère, un salaud, un vieux beagle dépendant affectif et un fantôme qui cherche sans cesse mon attention. Mais surtout, je veux guérir. Je crois avoir trouvé la solution. En fait, c’est plutôt la solution qui m’a trouvé…Un simple cerne de café sur une page de journal, et le tour était joué.

Merci à Caroline et à Virgolia communication pour ce (sanglant ^^) service presse !

Olivier, suite au décès de son jumeau lorsqu'il avait 11 ans, n'est plus lui-même depuis ce drame.
Disons qu'il n'est pas vraiment tout seul dans sa tête !
Sa tendance à la violence est accentuée par le côté sombre de son frère disparu qui le hante. Sentiment de culpabilité ou véritable fantôme ? L'avenir nous le dira !
Il hait son père, il hait sa mère, il hait son prof de natation, il hait son patron ... En fait, il hait beaucoup de gens et pas toujours sans raison !
Mais heureusement, malgré ses envies, il ne passe pas (encore) à l'acte.
Suite à sa participation au programme du très controversé (et il l'est de plus en plus au fur et à mesure des tomes) AlphaLab, Oliver va arrêter ses traitements qui lui permettait de contrôler sa schizophrénie pour se contenter de leurs injections et ce qui devait arriver ... arriva !

Ce cinquième volet a été écrit par Yvan Godbout, un auteur que j'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir dans sa trilogie "Les yeux jaunes" qui a été pour moi, un véritable coup de coeur.
Yvan reprend donc la suite dans ce tome et il faut bien reconnaitre que celui-ci est le pire de tous !!! Je me demande d'ailleurs comment vont faire les deux derniers auteurs pour battre ce record dans l'horreur.
Olivier/Oscar est un malade, un fêlé, un fou furieux, un sadique, qui, une fois soumis au traitement d'AlphaLab, lache la bride à ses plus vils instincts. Il massacre avec plaisir, plus c'est sanglant et dégueu, plus il aime ça.
Non seulement, il aime ça mais en plus, il prend son pied (au sens littéral du terme) à chaque crime, c'est pour lui une réelle et tangible jouissance. Mais son plaisir suprême est d'énucléer ses victimes !


Certains passages sont très (trop) trash et lorsque l'on croit que l'on ne pourrait pas aller plus loin dans l'horreur, Yvan parvient à repousser les limites ! Mais je dois bien reconnaitre que je l'ai lu d'une traite tant je voulais savoir jusqu'où Yvan aller pousser le bouchon et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il l'a poussé loin, très loin ! 

Un tome 5 qui n'a rien à envier à ses prédécesseurs, loin de là, il les dépasses tous dans l'horreur mais j'avoue que, par moment, j'ai ressenti un certain malaise et même de l'écoeurement  pour certaines scènes ! 
Qu'on s'en prenne à des adultes... soit ... mais à des chatons, à son propre chien et surtout à un bébé, là, je n'ai pas du tout apprécié , allez savoir pourquoi ?

Vous l'aurez compris, j'ai appréciè ma lecture, à l'exception de certains passages, mais ce tome n'est surtout pas à mettre entre toutes les mains. 

http://virgolia.com/maisons-deditions/https://editionsdemortagne.com/

...Une gifle retentissante. Ma joue brûle ; maman pleure ; je froisse le bout de papier entre mes doigts. La colère s’infiltre en moi comme un poison. Je voudrais la frapper, la cogner, lui fermer sa sale gueule de mégère, mais ça ne me ressemble pas. Avant de finir par regretter mes gestes, je dois fuir cette chambre que mes parents considèrent comme un sanctuaire, mais qui n’est plus qu’un tombeau...


... Le chlore me pique les yeux. Je suis à bout de souffle, je vais finir par boire la tasse. Et ce connard ne me lâche pas.

—— Qui a dit que tu pouvais t’arrêter ? Allez,mon gars, montre-moi de quoi tu es capable !
Mon coeur est prêt à claquer. J’y suis presque, plus qu’une dizaine de brasses. Un courant chaud glisse sournoisement entre mes cuisses. Merde, j'en ai quand même pas pissé dans la piscine ? La sensation de chaleur s’étend bientôt à tout mon corps.C’est l’eau. Elle se réchauffe.Une voix que je connais bien parvient à mes oreilles :
—— Je sortirais vite de l’eau si j’étais toi, frérot…
Oscar est assis au bout du petit tremplin ; il agite ses pieds en feu dans l’eau. Des flammes dansent sur son corps, lèchent amoureusement sa peau qui se craquelle et se détache de lui comme les feuilles mortes d’un arbre en automne. Ses lèvres tombent en essayant de me sourire.
—— Cesse de patauger, Oli, qu’on s’occupe de ce pseudo-David Hasselhoff à la con !
Mon épiderme se met à rougir, mes cicatrices ressemblant à d’étroites coulées de lave. Je donne tout ce qu’il me reste pour parvenir au bord de la piscine, m’en extirper. Un rire d’enfant, suivi d’un cri rauque, me fait lever les yeux vers le tremplin de trois mètres. J’y découvre monsieur Moreau, talonné par mon petit frère, toujours aussi enflammé.
La voix grave et basse de mon professeur se fait maintenant plaintive ; on dirait même qu’il va se mettre à chialer comme une gamine. Dans la piscine, de gros bouillons agitent l’eau avec une rage peu commune. Monsieur Moreau n’est plus qu’à quelques centimètres de l’extrémité du plongeoir, qui vacille dangereusement. Je pourrais détourner la tête ou m’enfuir ou, encore, fermer les yeux, tout simplement.
Je préfère regarder. Jusqu’au bout.
Ébouillanté comme une poule au pot. Une mort que j’espère lente et douloureuse. Nos regards se croisent. Avant de se fermer, ses yeux transmettent une terreur sans nom ; les miens, un plaisir sans équivoque.
Oscar le bouscule.
—— Allez, hop, monsieur Moreau, il est grand temps de sauter !
L’homme rouvre les yeux, maintenant deux orbites creuses et sombres. Il hurle en tendant les bras vers moi.Son hurlement se transforme en rire tandis que sa bouche se déforme ; ses lèvres s’étirent et se déchirent ; des doigts pointent hors du trou béant et forcent le passage ; ses joues explosent en
morceaux de chair sanguinolents ; sa tête se fend en deux et des mains jaillissent de son cou dans
une fontaine écarlate.
J’assiste à une monstrueuse naissance.


Des cheveux brunâtres et gluants poussent comme l’herbe du diable ; un visage étroit et féminin se dessine ; un nez légèrement retroussé et des yeux marron aussi. Katy. Son corps en entier s’extirpe de celui de monsieur Moreau comme d’une abominable tenue de plongée organique.

Chétive, complètement nue, la pauvre réceptionniste fait face au vide. Elle me regarde, terrorisée.
—— Je t’en supplie, Olivier, ne le laisse pas me tuer !
Mes pieds restent cloués au sol. Impuissant, je regarde Katy s’approcher de la mort. Derrière elle,la silhouette de mon jumeau s’estompe, remplacée par une autre, beaucoup plus massive. Un homme
costaud au crâne rasé a pris la place d’Oscar. Je le reconnais, et mon coeur martelant ma poitrine
aussi. C’est le mec qui bavait devant Katy, ce matin, qui s’apprête maintenant à la tuer ! Mais pourquoi ? Pourquoi vouloir faire disparaître l’une des si rares personnes à m’avoir témoigné un peu d’intérêt ?
Je lève une main, parviens à bouger le pied droit. Trop tard. L’homme pousse Katy. Le temps se fige, et celle que j’aurais bien aimé connaître un peu plus tombe en chute libre. Une éternité semble s’écouler avant que son corps ne s’abîme dans les flots devenus tumultueux. Horrifié,je vois ressurgir de l’eau en ébullition le visage boursouflé de Katy. Des cloques envahissent sa peau qui se défait par lambeaux ; ses yeux saillent hors de leurs orbites ; son cuir chevelu se détache de son crâne ; ses joues fondent, mettant à nu ses mâchoires et ses dents blanches. C’en est trop pour moi. Je ne peux plus regarder cet épouvantable spectacle. 

Tournant le dos à la piscine, je me retrouve face à face avec mon frère revêtant une peau de braise. Furieux, je ne peux m’empêcher de l’affronter....

 Et voici, rien que pour vous la bande annonce de ce tome