lundi 22 février 2016

Néant de Mickaël Parisi

 1 décembre 2015, 325 pages, disponible au format numérique ici




Marlon est un jeune homme aux pensées suicidaires et anarchistes. Afin de quitter ce quotidien et ce monde qui ne lui convient pas, il ne trouve rien de mieux à faire que de rejoindre une organisation secrète lui permettant de se faire passer pour mort auprès de la société. Après avoir assisté à son propre enterrement, Marlon devra effectuer plusieurs tâches pour son organisation afin d'obtenir une somme d'argent suffisante pour recommencer une nouvelle vie ailleurs. Mais tout ne se passera pas comme prévu. Le seul espoir pour Marlon de s'en sortir semble être un détective privé sociopathe, alcoolique, obsédé sexuel, atteint de la maladie de Diogène, fan d'achats d'armes sur le "Dark Web" et dont le seul but est de gagner assez d'argent pour voyager à vie en Business Class. Comment Marlon va-t-il pouvoir s'en sortir sans laisser de plumes ? 



Je viens de finir la lecture de ce roman et j'avoue que je ne sais pas du tout par quoi commencer ! Ce roman est un véritable OVNI. Il est, pour moi, inclassable, il est tout à la fois thriller, horreur...

Marlon est un type complètement paumé, avec une envie, au début du roman, celle de se suicider mais il n'a pas le courage pour le faire. Comme il le dit si bien : 
"J'avais déjà foiré ma vie, j'avais donc peur d'également foirer ma mort "

En bref, courageux, mais pas téméraire ! En plus, il souffre de toutes sortes de phobies (claustrophobie, agoraphobie, glossophobie  :la peur de parler en public) et j'en passe. 
Je dois bien reconnaître que je suis maintenant une pro des phobies, j'en ai découvert de toutes sortes. Je ne passerai pas mon temps à toutes vous les noter car ce serait trop long mais j'ai retenu principalement deux : 
la plus inattendue : la qaumitaranaophobie qui est la peur des Pakistanais.
la plus longue et imprononçable : la hexakosioihexekontahexaphobie qui est la peur panique du nombre 666.

Pour Marlon et son acolyte, Grant, un privé complètement malade, givré, barge, alcoolique, grossier (pourquoi ça ne m'étonne pas ? ^^) les femmes sont toutes des putes, des salopes et des dévergondées (et là, je suis soft !) et ne parlons pas des SDF et de tous les marginaux. 
Nous plongeons au cœur d'une société corrompue, où l'argent permet tout, où la drogue et une sexualité débridée sont la norme.
Hémoglobine, tortures en tout genre, éviscération, viol, pyromanie, tout est présent dans ce récit.
Les personnages n'attirent aucunement la sympathie. Marlon est un lâche qui ne sait prendre aucune décision seul, Grant est un mec complètement timbré et pour qui la vie d'autrui n'a aucune valeur.
Mais aussi bizarre que cela puisse paraître, il y a dans ce récit de l'humour ! Noir, évidemment, cynique mais qui, par moment, m'a tiré quelques (petits) sourires ! Notamment celle-ci, que j'ai trouvé savoureuse ^^
" L'enfoiré m'avait cloué, pourtant, je n'avais rien d'un christ "

Je ne vais pas m'étendre sur l'histoire en elle-même car la trame en est quand même assez complexe.
Je n'avais jamais lu un roman aussi crû, les gros mots et les vulgarités sont légion. J'ai pensé, je dois bien le reconnaître, à abandonner ma lecture plus d'une fois, mais, je ne sais pas comment, l'auteur parvient quand même à nous prendre dans sa toile et, malgré mon envie de renoncer, la curiosité a été la plus forte, je voulais voir jusqu'où pouvait aller l'auteur et comment se finissait l'histoire de Marlon.
Je ne peux pas dire que la société dépeinte par Mickaël est une pure invention car, il est vrai qu'il y a malheureusement une grande part de vérité mais je trouve que le bouchon est poussé quand même un peu trop loin.
Un roman à ne pas mettre entre toutes les mains et des remerciements à la fin du roman à la hauteur de son contenu !!