mercredi 17 mai 2017

Transférés de Kate Blair

Michel Lafon, 13 avril 2017 - Grand Format 263 pages
Disponible en eBook

Dans un futur proche, l'humanité a trouvé le moyen de soigner facilement les malades : transférer les maladies aux criminels, qui sont parqués dans des ghettos à l'écart de la société. 
C'est dans ce monde qu'est née Talia Hale. À seize ans, elle est la fille du peut-être futur Premier ministre d'Angleterre. Alors qu'elle est atteinte d'un rhume pour le plus grand dégoût de son entourage, elle va subir son premier Transfert. Mais rien ne va se passer comme prévu et Talia va sauver une petite fille d'une agression. Une petite fille qui vient des ghettos et qui va pousser Talia à découvrir l'envers du décor et l'horreur d'un système déshumanisé. 
Talia va désormais tout faire pour empêcher son père d'aggraver la situation des bidonvilles, pour sauver ses nouveaux amis qui y habitent et rectifier une société où la frontière entre bien et mal est plus floue que jamais. Elle devra briser le cocon doré dans lequel elle a grandi et être prête à combattre tout ce en quoi elle a cru.

Dans cette fiction imaginée par Kate Blair, les criminels ne sont plus emprisonnés, mais subissent un transfert. C'est-à-dire qu'on leur transfert une maladie plus ou moins conséquente selon la gravité de leur acte. Cela peut aller du simple rhume à une maladie mortelle. 
Ainsi tout bon citoyen échappe totalement à la maladie, puisque dès que le moindre symptôme apparaît, il se rend à l'hôpital pour se décharger de son virus au vilain criminel qui le mérite bien plus que lui. 
Ces derniers, bien évidemment, vivent en marge de la société, dans des ghettos malfamés. 

Talia Hale a 16 ans. C'est la fille de Malcom Hale, un politicien en lice pour le poste de Premier ministre de Grande Bretagne. Suite à un drame survenu des années plus tôt, sa politique est devenue intransigeante concernant les transférés et tous les déchets de la société. 
Talia, à l'instar de son père, approuve ses choix. 

Mais tout va changer le jour où Talia sauve une petite fille des griffes d'un détraqué. Se prenant d'affection pour la gamine, Tig, ainsi que pour son frère, Galien, elle va alors découvrir leur monde : les bidonvilles. Et la dure réalité de la vie va alors s'imposer à elle... 
Doucement, notre héroïne va découvrir que tout n'est pas noir ou blanc comme elle le pensait.


Tout d'abord, j'ai un profond respect pour l'auteur, car il envoie un message fort avec ce roman. À travers sa fiction, il aborde les difficultés d'insertion, les délits de faciès, les jugements hâtifs et tous ces clichés qui ont la vie dure quand on n'est pas du bon côté de la barrière. Si ce roman peut faire ne serait-ce que réfléchir certains, je trouve cela déjà super. 

Malheureusement, pour tout le reste, c'est une déception. 
Les personnages sont mal travaillés. Talia est niaise au possible et  Galien, lui, est totalement insipide. Et, hélas, il en va de même pour les personnages secondaires. 
Je n'ai pas cru une seconde à cette histoire de transfert de maladie, cela manque de crédibilité. Pourtant, le potentiel de ce récit était énorme, mais au final, le rendu est loin d'être convainquant. 
Quant au dénouement, c'est le WTF du roman. Bienvenue dans le monde des bisounours où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Certes, j'aime les happy end, mais il ne faut pas abuser non plus ! Surtout quand l'histoire se règle en deux pages, hop hop hop ! Ou comment bâcler un récit...

En bref ? Un grand potentiel pour ce récit, mais très mal exploité.