mardi 23 juin 2015

Pétage de plomb chez François 1er d'Ariane D.

Hugo Roman, 21 mai 2015 - Grand Format, illustré 224 pages
(disponible en format eBook)



Avril 1523, Paris
" Ne restez point céans plantée comme vache à l'étable et rentrez prestement !
Je suis brutalement happée vers la porte.
- Ah, ben... bonjour la courtoisie ! dis-je, en chancelant sur mes talons de 15 et m'accrochant à mon sac Chanel.
- Il s'agit moins de courtoisie que de jaseries. Je ne donne pas longtemps avant que l'on clabaude à oreille étourdie que la comtesse de La Roche reçoit des ribaudes en son logis."
Voilà, voilà...
Moi, c est Ariane, je ne suis pas une ribaude, je suis une fashonista ! Mais allez expliquer ça à des gens du XVIe siècle.
Ainsi donc commence mon aventure à la Renaissance... Si j avais su qu'ensuite j'allais assister au bûcher d'un hérétique, atterrir au cimetière des Innocents et me faire attaquer par des vérolés sans dents alors que je tentais bravement de secourir une pauvre recluse emmurée vivante... Si j'avais su cela, dis-je, je serais restée peinard en 2015 !

**Merci à Agnès et aux Éditions Hugo Roman pour cet ouvrage**

Elle ? 
C'est Ariane. Parisienne, trentenaire et célibataire. Fan de mode, elle travaille d'ailleurs dans ce domaine en tant que journaliste. 
Son signe particulier  (outre sa grande gueule) : elle est capable de voyager dans le temps. 
Si, si, c'est un don qui se transmet de génération en génération, ce sont des Kairoséan. 


Voilà donc comment, Ariane, armée de son magnifique sac Chanel (qu'elle ne quitte jamais) et de ses Louboutin débarque au XVIème siècle. Histoire de faire de beaux selfies avec ses ancêtres, la comtesse de La Roche et sa petite fille Henriette. La classe non ? 

ou encore, rencontrer Diane de Poitiers, une pointure dans le domaine de la mode.

 Et puis, pourquoi pas, faire la connaissance (comprendre... batifoler)  de François 1er lors d'une soirée arrosée de bonne piquette...

Le rêve... ou pas

Si Ariane avait su que son périple serait aussi épique, peut-être aurait-elle prévu des bottes (quoique, ça aurait juré avec sa blouse en soie, donc pas sûr) et un dictionnaire vieux-français afin d'éviter nombre de malentendus et conversations de sourds. 

Apprendre en s'amusant. Voilà tout le concept de ce livre. Qui part sur des bases historiques réelles et s'appuie de connaissances solides, pour un résultat bluffant, totalement décalé, loufoque, déjanté et délirant. Un mélange de "La Renaissance pour les nuls" et  du film "Les visiteurs" (en inversé). 

Le choc des cultures, vous connaissez ? Prenez une jeune femme vive, pleine d'esprit, en total accord avec son époque, soit 2015, et mettez là en plein 16ème siècle. Que ce soit parmi les gueux ou parmi la cour de France, Ariane, choque, dénote, et se retrouve dans des situations bien souvent... fâcheuses. Soit en raison d'une trop grande bouche qu'elle ne sait fermer (ou ouvrir) au moment adéquat, soit sur un déplaisant malentendu. 
Bref, Ariane voulait du beau, du clinquant, pouvoir se la péter grave, en mettre plein les yeux à ses aïeux, et au passage pêcho tranquillou François 1er, mais c'était sans compter sur leurs us et coutumes si arriérés, sur les chicots pourris, les odeurs nauséabondes, les exécutions en place publique, ou encore ce  langage vieux-français si pénible à comprendre. 

Franchement ce livre, en plus d'avoir une vraie histoire avec un fil conducteur solide, est hilarant. Les dialogues, les situations, tout est fait pour passer un excellent moment. De plus, j'en ai plus appris sur la Renaissance dans ce livre, qu'en X années passées sur les bancs de l'école. 
Rajoutez à cela, comme vous avez pu le voir plus haut, de superbes photos qui illustrent à merveille ce récit et le rendent encore plus déjanté, si c'est possible.

PS : Super  bien pensé (et pratique de surcroît) d'avoir mis l'index en chaque fin de page.

Extraits :

Choisir des extraits a été une vraie galère tant j'avais envie de recopier tout le roman.

Il n'est jamais trop tôt pour une petite leçon d'équitation, version Ariane :
(...) je me couche sur l'encolure de la bête, empoigne sa crinière et fait retentir un formidable :
-Yaaaaah !!!!
Pris de panique, le cheval s'élance au galop. S'ensuit alors un autre cri de guerre, beaucoup moins formidable :
-P*** de sa mèèèèère !!!!
Je suis bringuebalée dans tous les sens. Je ferme les yeux, serre les dents et les fesses, attendant avec bravoure une mort imminente. Le lourd étrier vole  et me claque dans les mollets, tandis que l'énorme arçon central de la selle - je suis en amazone - me rentre dans les parties intimes avec encore plus de violence que Roco Siffredi en rut. Mon fessier fait des bonds de trois mètres avant de revenir lourdement s'écraser dans la selle. Notons que tous ces phénomènes se produisent à chaque foulée du cheval, autant dire très souvent et très beaucoup... bref, j'ai très mal !

Échange entre Ariane et Henriette :
- Alors comme ça tu veux faire touche pipi dans ma baignoire petite cochonne ?
Elle marque un temps d'arrêt, les yeux écarquillés, puis se redresse, sifflant comme un cobra :
- Par me fé, il vous sort plus de bren de par la bouche que de par le boyau du cul, Madame ! Gardez donc dedans l'enclos de vos dents vos propos malséants !
Je n'ai strictement rien compris mais son air outré me plaît infiniment, j'en profite, je lance goguenarde : 
- ça partouze grave dans les étuves et ça ose faire la grande dame ? Laisse-moi rire ! 
Rouge d'indignation, elle darde sur moi de fiers regards sous ses sourcils froncés :
-Me traiteriez vous de putain ?
(...)
Et cerise sur le gâteau, nous avons le droit à l'illustration de cette scène épique des baigneries. 



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